Pierrefonds-les-Bains
Naissance d'une station thermale
Pierrefonds, comme d'autres stations, va naître au milieu du XIXe siècle et connaître une période d'apogée jusqu'au début du XXe siècle. Sa proximité de la capitale, son cadre, la qualité de ses eaux seront des atouts considérables à son expansion.


De la naissance à la mort

C'est sur la propriété de monsieur de Flubé que sont découvertes, en 1845, deux types de sources, l'une sulfureuse calcique, l'autre ferrugineuse. Ces eaux sont analysées, et dès 1846, l'Académie de Médecine donne l'autorisation de les exploiter. C'est la naissance des thermes de Pierrefonds, qui devient désormais Pierrefonds-les-Bains. La station a comme premier médecin-inspecteur - chaque station doit en avoir au moins un - le docteur Sales-Girons, membre de la Société de Médecine de Paris et rédacteur en chef de la "Revue Médicale".

Pierrefonds tente de se faire une notoriété et de promouvoir ses eaux. Le docteur Sales-Girons publie d'ailleurs un traité en 1853 sur la qualité et les bienfaits des eaux de Pierrefonds. En 1878, après ce que l'on pourrait appeler les années difficiles, monsieur de Flubé vend les thermes au Prince Radziwill qui en confie la direction à M. Thonvenin. Pierrefonds prend alors son essor, et verra passer par l'hôtel des Bains, pendant vingt sept ans, l'élite de la société parisienne et compiègnoise. Cependant, l'établissement semble être un peu restreint au niveau des locaux et en deçà des exigences de l'époque. Il fait pâle figure face à son cadre.

En 1906, nouveau changement de propriétaire et de direction. M.Clément-Bayard, industriel et maire de Pierrefonds, confie la gestion de l'établissement à Mme Crépin. L'étroitesse des locaux commence à se faire gravement sentir, et on prête au nouvel acquéreur de grands projets de réfection. Ceux-ci tarderont et ne seront toujours pas réalisés lorsqu'éclate la première guerre mondiale. Le conflit suspend l'activité thermale à Pierrefonds comme ailleurs. L'établissement servira d'hôpital entre 1914 et 1918, et sera même bombardé en août 1918 tuant dans l'explosion d'une des baraques quinze blessés et une infirmière. On peut encore voir la plaque commémorative à l'entrée du parc. Après la guerre, la reprise de l'activité des thermes se fait attendre et l'établissement sera finalement démoli dans les années 1920. Il n'en reste plus aujourd'hui que le bâtiment central de l'hôtel des bains.


L'établissement thermal et ses eaux

Pierrefonds possède deux sources d'eaux. Une sulfureuse calcique, à 12°C, qui s'utilise en boisson, gargarismes, bains, douches et pulvérisations. Une ferrugineuse, à 9°C, qui contient du crénate et du bicarbonate de fer et qui est employée en boisson chez les anémiques. La première - qui est le principal mode de traitement - s'attaque aux maladies des voies respiratoires, aux dermatoses, aux maladies des organes génito-urinaires, et même à la... syphilis. La seconde est une eau minérale de consommation courante. Les eaux de Pierrefonds seront d'ailleurs mises en bouteille et commercialisée.

L'établissement thermal, grand bâtiment longiligne, s'étend en bordure du lac. Il innove dans le traitement des maladies pulmonaires par la pulvérisation. Cette technique mise au point à Pierrefonds, s'étendra par la suite à d'autres stations thermales. L'établissement est une longue allée en corridor où s'ouvrent quarante cabinets de traitement, ceux de droite pour les femmes, ceux de gauche pour les hommes. On trouve vingt-quatre cabines avec vestiaire et baignoire pour le traitement des maladies de la peau et des maladies nerveuses ; cinq avec douches de toutes formes et de toutes températures contre les rhumatismes, anémies, névralgies... ; une salle de douche écossaise préconisée pour la cure de névrose chez les jeunes personnes chlorotiques (sic) ; une grande salle de respiration pour la pulvérisation, pouvant contenir jusqu'à vingt malades à la fois, et traitant les affections chroniques des bronches et des poumons ; une salle de douches pharyngiennes à l'eau minérale pulvérisée contre les diverses maladies de la gorge ; un cabinet de douches ascendantes, c'est-à-dire rectales, il s'agit en fait de lavements paraît-il très efficaces et d'une grande modernité (!) ; un cabinet de vapeur générale ou locale ; et une salle de bains de pieds. L'entrée dans l'établissement s'effectue par le vestibule des bains ou salle des pas perdus où l'on attend son tour. C'est un lieu de convivialité, de rencontres, de causeries... de repos.

Matin et soir, le baigneur traverse le parc jusqu'à la source-buvette pour quérir son verre d'eau sulfurée. Une autre "attraction" de l'établissement est le chalet de l'étable à vaches et du lait chaud. Il s'agit d'une étable surmontée d'une grange au parquet ouvert, découpé en chambres qui constituent des habitations de diète respiratoire. C'est une innovation ! A l'entrée du parc se situe l'hôtel des Bains, le plus spacieux de Pierrefonds, avec en annexe le casino qui comprend une salle de lecture avec bibliothèque, une salle de billard, et un grand salon.

Haut de la page