Pierrefonds-les-Bains
La vie à Pierrefonds-les-Bains

La saison thermale s'étend du 1er juin au 1er octobre. La durée de la cure est généralement d'un mois comme dans la plupart des stations. Pour accueillir les baigneurs, la commune dispose de cinq hôtels et de maisons particulières à louer. En 1875, Pierrefonds pouvait loger en tout entre cinq cents et six cents malades. L'hôtel le plus confortable est évidemment l'hôtel des Bains.

La vie à Pierrefonds, pour les malades, est rythmée par la cure. Traitement le matin, loisirs l'après-midi. Les activités sont nombreuses. On peut se promener en forêt, à pieds ou louer un attelage ; faire du canotage sur le lac qui borde l'établissement thermal ; participer à des courses de vélocipèdes ; pratiquer la chasse et la pèche... Le casino offre également des spectacles en soirée, ainsi que des activités d'intérieur dans ses salons et bibliothèque.

Une des particularités des villes d'eaux est la publication hebdomadaire d'une gazette qui, en plus d'informer le villégiateur de l'actualité et des animations à venir, annonce les arrivées de la semaine. Pierrefonds ne déroge pas à cette règle et publie La Gazette de Pierrefonds. A partir de 1875, l'établissement thermal fera également paraître un journal promotionnel destiné aux médecins.

Sans posséder la renommée de Plombières ou de Vichy, Pierrefonds n'est pas pour autant une station accessible à toutes les bourses. Le guide Conty de 1911 chiffre les dépenses à Vichy entre 250 et 300 francs par personne et par mois pour les moins fortunés, et entre 450 et 600 francs pour les plus riches. Sachant que la plupart des familles bourgeoises ont un revenu annuel moyen de 12 000 à 30 000 francs par an, on voit bien que la venue en cure, même pour certaines familles bourgeoises, représente une dépense importante. La pratique thermale tout en étant un privilège bourgeois, a aussi des incidences sur la vie quotidienne dans la commune. Ainsi, on peut lire dans le Guide Pratique des Familles aux Villes d'Eaux de 1897 :


"La vie est extrêmement facile à Pierrefonds. Malheureusement, si aucune ressource n'y fait défaut, on n'y trouve pas le bon marché. La proximité de Paris est la principale cause de cette cherté. Comme les touristes venant de la capitale y affluent sans cesse, les fournisseurs sont toujours sûr d'écouler leurs produits et n'ont aucune raison de baisser leurs prix. Les familles qui voudront y séjourner sans vivre à l'hôtel pourront louer des appartements meublés, voire même de petites maisons, à des conditions acceptables, mais si elles désirent limiter leurs dépenses d'entretien, elles feront bien de s'approvisionner, soit dans les environs, soit au marché qui se tient le vendredi."


Une cure à Pierrefonds n'est donc pas moins coûteuse que dans les stations de grande réputation, même si la vie mondaine y est moins fastueuse.

Cependant, certains événements firent peut-être du tort à la notoriété de la station. Ainsi, en 1886, eut lieu à Pierrefonds pendant le mois d'août une épidémie de fièvre typhoïde touchant trois familles représentant en tout vingt-quatre personnes. Cette épidémie poussa la commune à acheter une source afin d'alimenter toutes les maisons et de supprimer l'usage des puits qui fut mis en cause dans le déclenchement et la propagation de la maladie. Malgré cette initiative d'hygiène publique, le guide Joanne de 1897, tout en reconnaissant que "l'eau potable est de beaucoup meilleure qualité qu'autrefois, et [que] la localité s'est imposée de lourds sacrifices pour en avoir d'excellence", préconise toutefois "de boire de l'eau minérale aux repas".

Malgré ces inconvénients, Pierrefonds reste une station de qualité, disposant de nombreux atouts (grande quantité de services et d'activités de loisirs, proximité de Paris, sites touristiques alentour), et où il est agréable de villégiaturer.

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