Pierrefonds-les-Bains
Une commune métamorphosée

L'arrivée du thermalisme à Pierrefonds a provoqué de grands bouleversements dans la commune. Les flots de baigneurs, aussi consommateurs, ont engendré la création de tout un pan économique lié à l'accueil et à la satisfaction des désirs d'une population bourgeoise de villégiature. Nous avons vu qu'un des effets secondaires de ce changement a été l'accroissement du coût de la vie, au moins pendant la saison thermale.

En 1836, Louis Graves remarque, en parlant du canton d'Attichy, que "le pays est sujet à des fièvres intermittentes endémiques qui affectent les villages entourés de bois (surtout Pierrefonds) mais [qu'] il n'apparaît pas exposé aux épidémies caractérisées." Autre constat : "les habitants des lieux tel que Pierrefonds sont sensiblement plus débiles". Cette débilité physique peut être liée à l'enclavement de la commune et à une alimentation défaillante.

Déjà à partir de 1820, où la société romantique se passionne pour les ruines médiévales, Pierrefonds s'ouvre sur le monde, et des structures, encore embryonnaires, apparaissent pour accueillir les quelques visiteurs. Avec le déferlement de curistes qui apparaît dès 1846, la commune va connaître des mutations profondes qui vont transformer peu à peu son aspect et sa société. Pierrefonds s'embourgeoise au contact de cette population saisonnière. Des résidences bourgeoises et de petits manoirs se construisent sur la commune. Ce phénomène est encore accentué, à partir de 1855, lorsque Compiègne devient résidence impériale et que débutent les travaux de restauration du château.

Le visage de Pierrefonds change dès le milieu du XIXe siècle. D'une commune rurale pittoresque avec ses ruines médiévales, elle devient un lieu de villégiature pour roturiers. Le thermalisme est le principal responsable de cette métamorphose, c'est lui qui va façonner la commune telle que l'on peut la voir aujourd'hui, même si, avec les années et la chute de l'activité thermale, elle a perdu de sa splendeur et s'est tournée vers un tourisme plus populaire.

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