Le Thermalisme
Les bains datent de la période gallo-romaine. Ils vont ensuite s'éclipser jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Au XVIIIe siècle, on trouve déjà en France des thermes, souvent des sites anciens, mais ceux-ci sont peu nombreux. Il faudra attendre le début du XIXe siècle pour que renaissent les thermes et qu'apparaisse la station thermale.
L'évolution du thermalisme du XIXe au XXe siècle

Les stations thermales commencent à se développer dès le début du XIXe siècle, notamment après l'Empire, mais les temps de trajet restent un frein à leur expansion. Aussi, des établissements de bains se développent-ils prés, et dans les grandes villes. A Paris, il y a, par exemple, l'établissement thermal de Belleville et celui des Eaux de Passy.

L'extension des lignes de chemin de fer sous le Second Empire, en facilitant les déplacements, entraîne l'explosion du nombre de stations et la croissance exponentielle de la fréquentation (voir graphique).

Dax et Vernet-les-Bains sont reliées à Paris par le chemin de fer dès 1854, Plombières en 1860, Vichy en 1862, Le Mont-Dore et La Bourboule en 1882, Pierrefonds en 1883, Châtel-Guyon en 1912... La présence d'une gare de chemin de fer est vitale pour les stations thermales, certaines d'ailleurs, mourront avant que le train les atteignent.

Le nombre de "curistes" passe ainsi de 22 000 en 1822 à 140 000 en 1855. Mais la station thermale est plus qu'un simple lieu de traitement contre des maladies diverses, c'est un lieu de villégiature. D'ailleurs, à partir du Second Empire, les stations thermales sont obligées de créer des équipements de loisirs et de jeux. En effet, les malades ne viennent pas seuls, ils sont accompagnés de quelques membres de leur famille et de leurs domestiques. En 1910, par exemple, sur 700 000 individus fréquentant les stations, 325 000 (soit 46%) sont des "accompagnateurs".

On va dans une station avant tout pour se soigner, mais plusieurs lieux possèdent des eaux aux propriétés similaires, la notoriété - et la mode - sont donc décisifs dans le choix de la station. Les guides des baigneurs jouent là un rôle important, et leur nombre le prouve. Mais, puisqu'il s'agit aussi de mode, la venue de personnalités en vue est un atout majeur pour les stations.

Cependant, tout le monde ne fréquente pas les stations. On y trouve une clientèle aisée, toute la "bonne" société. La station devient un lieu de mondanité. Une diplomatie thermale aussi prend forme. A Plombières, l'entrevue entre Napoléon III et le comte de Cavour amènera l'empereur à signer une convention qui rangera la France aux côtés du royaume de Piémont pour aboutir à l'unité italienne.

La concurrence entre stations est rude, tant entre stations françaises que vis-à-vis des stations étrangères en particulier celles d'Allemagne. Aussi, après la guerre de 1870, une véritable campagne de propagande sera lancée en France pour favoriser les stations françaises, assimilant leurs fréquentations à du patriotisme.

L'âge d'or des stations thermales va durer jusqu'à la première guerre mondiale. Là, plusieurs modifications vont se produire. Tout d'abord, c'est la guerre de 14-18 qui porte un coup à la fréquentation des stations, et entraîne leur réquisition comme centre de convalescence pour les blessés et les mutilés de guerre. C'est aussi, avec la chute des Empires et royaumes qui dirigeaient l'Europe, la disparition de la grande aristocratie internationale. Puis, la crise de 1929 parachève la modification du contexte social, et certaines stations thermales vont peu à peu remplacer la qualité par la quantité. Mais ce n'est qu'après la seconde guerre mondiale que naît une politique nationale de développement du thermalisme qui sera surtout tournée vers l'aspect touristique, même si l'usage des thermes se démocratise.

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